Les rectifications orthographiques de 1990 : liste, exemples et statut
Les rectifications orthographiques de 1990 sont des recommandations qui régularisent environ deux mille mots : ognon, nénufar, paraitre, weekend, vingt-et-un. Elles ne remplacent pas l’orthographe traditionnelle : les deux graphies sont admises, aucune n’est comptée comme une faute. Le seul impératif est de rester cohérent dans un même texte.
Les rectifications orthographiques de 1990 : la réponse en bref
Les rectifications de 1990 sont un ensemble de recommandations visant à régulariser l’orthographe française : environ deux mille mots sont concernés, avec des cas comme ognon pour oignon, nénufar pour nénuphar, paraitre pour paraître ou weekend pour week-end. Elles ne remplacent pas l’orthographe traditionnelle : les deux graphies sont admises et aucune n’est comptée comme une faute. Ce qui compte, c’est d’être cohérent dans un même texte.
Cette page présente ce qui change, ce qui ne change pas, ce que disent les institutions et comment choisir. Elle s’appuie sur les positions publiées par l’Académie française et le Conseil supérieur de la langue française, sur le Dictionnaire de l’Académie française et, pour le Québec, sur la Vitrine linguistique de l’Office québécois de la langue française. Dernière vérification : 2026-11-01.
D’où viennent les rectifications
Elles proviennent d’un rapport du Conseil supérieur de la langue française, publié au Journal officiel en décembre 1990, qui proposait de lever certaines incohérences de l’orthographe (mots de la même famille écrits différemment, pluriels irréguliers, traits d’union incohérents). L’Académie française a été consultée et a approuvé le principe de ces ajustements en précisant qu’ils ne devaient pas être imposés : le texte parle de recommandations, et on lit depuis lors que ni l’une ni l’autre graphie n’est fautive.
Ces rectifications sont d’abord restées peu connues. Elles ont resurgi dans le débat public à plusieurs reprises, notamment en 2016 quand la presse a découvert qu’elles figuraient dans des manuels scolaires. Le présent guide s’en tient aux faits : le statut est celui d’une recommandation, pas d’une obligation ni d’une interdiction.
Les principales rectifications, avec exemples
| Domaine | Orthographe traditionnelle | Orthographe rectifiée |
|---|---|---|
| Consonnes doubles ou muettes | oignon | ognon |
| Ph / f | nénuphar | nénufar |
| Accent circonflexe sur i et u | paraître, coûter | paraitre, couter |
| Accent grave pour é devant syllabe muette | événement, réglementaire | évènement, règlementaire |
| Futur et conditionnel | cédera, je considérerai | cèdera, je considèrerai |
| Trait d’union (nombres) | vingt et un, trois cent deux | vingt-et-un, trois-cent-deux |
| Soudure | week-end, porte-monnaie | weekend, portemonnaie |
| Mots composés avec contre, entre, extra | contre-attaque | contrattaque (les formes varient selon le mot) |
| Pluriel des mots étrangers | des sandwiches, des matches | des sandwichs, des matchs |
| Tréma | ambiguë | ambigüe |
Quelques précisions utiles, pour ne pas généraliser trop vite.
- L’accent circonflexe n’est pas supprimé partout. Il reste sur a, e et o (pâte, fête, côte) et, dans les rectifications, on le maintient dans les terminaisons verbales du passé simple et du subjonctif (nous fûmes, qu’il fût) et dans les mots où il distingue deux sens (mûr/mur, sûr/sur, jeûne/jeune). Il devient facultatif sur i et u ailleurs : traîne et traine, coût et cout sont tous deux admis.
- Le trait d’union est étendu aux numéraux composés (cent-vingt-deux) et, dans certains composés, remplacé par la soudure. Le Dictionnaire de l’Académie française donne la graphie à retenir mot par mot : en cas de doute, consultez-le plutôt que de généraliser.
- Les accents : on écrit évènement avec un accent grave parce que la prononciation ouverte est plus fréquente ; événement, graphie traditionnelle, reste correcte.
- Les mots d’origine étrangère prennent le pluriel français en s : des scénarios, des sandwichs. On distingue aussi les accents : référendum, allégro (accent francisé).
- Le participe passé de laisser suivi d’un infinitif devient invariable dans les rectifications (elle s’est laissé tomber) : c’est l’un des rares points de grammaire visés, par ailleurs peu appliqué.
Ce que disent l’Académie française et l’école
L’Académie française reste la référence pour le Dictionnaire : elle y enregistre les mots avec leur graphie traditionnelle et mentionne la variante rectifiée pour certains mots. Elle ne qualifie aucune des deux de fautive. L’école, en France, fait référence aux rectifications dans ses programmes, et les éditeurs de manuels les appliquent de plus en plus depuis la rentrée 2016 ; les correcteurs d’examens ou de concours, en revanche, acceptent en principe les deux graphies. Pour un examen ou un concours précis, lisez les consignes de l’épreuve.
Au Québec, l’Office québécois de la langue française mentionne les rectifications dans plusieurs fiches de sa Banque de dépannage linguistique et les admet dans l’usage. Les administrations et les médias, eux, suivent des pratiques variables : certaines maisons d’édition conservent l’orthographe traditionnelle par habitude.
Quelle orthographe choisir ?
Choisissez selon votre contexte, puis restez cohérent.
- Copie, mémoire, thèse : suivez la consigne de votre établissement ou de votre directeur ; à défaut, les deux sont admises.
- Courrier professionnel, site web, communication : la graphie traditionnelle est la plus familière à la majorité des lecteurs et évite l’impression d’une coquille. La graphie rectifiée convient si votre charte l’impose.
- Édition, presse, publication : suivez la charte maison.
- Un doute sur un mot précis : cherchez-le dans le dictionnaire d’orthographe puis dans le Dictionnaire de l’Académie française en ligne.
Un lecteur attentif repère surtout un mélange : événement dans le premier paragraphe et évènement dans le dernier donnent une impression de négligence, même si chaque graphie est admise.
Idées reçues sur les rectifications
- « Les rectifications imposent une nouvelle orthographe. » Non : le texte est une recommandation, et la graphie traditionnelle n’est pas déclarée fautive.
- « On a supprimé tous les accents circonflexes. » Non : il reste dans la plupart des cas et ne devient facultatif que sur i et u dans les situations décrites plus haut. Il est maintenu quand il distingue deux mots.
- « C’est une réforme de la grammaire. » Non : l’essentiel porte sur la graphie d’environ deux mille mots, pas sur les accords ni sur la conjugaison.
- « Écrire en orthographe rectifiée, c’est faire des fautes. » Non : mais un lecteur peu familier peut y voir une coquille. Dans un écrit où l’image compte (candidature, courrier à un client), la prudence plaide pour la graphie la plus répandue ou pour celle de votre charte.
Pourquoi cela compte pour la recherche et la rédaction web
Un moteur de recherche comprend les deux graphies, mais les internautes tapent en majorité la graphie traditionnelle. Pour un titre ou une page qui vise une requête précise, employez la forme que vos lecteurs écrivent, et mentionnez la variante une fois dans le texte si elle est courante. Dans un texte long, tenez un petit lexique de vos choix (week-end ou weekend, événement ou évènement) et relisez-le avant de publier ; le comparateur de textes aide à repérer ce qui a changé entre deux versions.
Mots courants concernés : pour s’y retrouver
Parmi les mots les plus souvent cités, on trouve ognon, nénufar, évènement, règlementaire, paraitre, connaitre, entraine, maitre, weekend, millepatte, portemonnaie et les pluriels des sandwichs, des matchs. Pour chacun, vérifiez dans le dictionnaire : la liste exacte des mots rectifiés est longue, et la mémoire ne suffit pas.
Ce qui n’a pas changé
Les rectifications ne touchent pas les règles de fond : accords du participe passé (hors le cas de laisser ci-dessus), homophones (a/à, ses/ces), conjugaison, majuscules ou ponctuation. Si vous écrivez ils ont manger ou quant à pour quand, aucune rectification ne vous protège : voir les fautes d’orthographe fréquentes et les homophones.
Exemples avant et après
| Texte | Traditionnelle | Rectifiée |
|---|---|---|
| Un oignon au dîner | Un oignon au dîner | Un ognon au diner |
| Le weekend de l’événement | Le week-end de l’événement | Le weekend de l’évènement |
| Il paraît que le nénuphar fleurit | Il paraît que le nénuphar fleurit | Il parait que le nénufar fleurit |
| Il y a vingt et un étudiants | vingt et un | vingt-et-un |
| Des matches de tennis | Des matches | Des matchs |
Aucun de ces textes n’est fautif ; c’est le mélange qui l’est (week-end et évènement dans la même phrase, par exemple).
Vérifier vos graphies avec AdeptWrite
Le correcteur typographique et orthographique tourne dans votre navigateur et accepte l’orthographe traditionnelle comme l’orthographe rectifiée (1990) : il ne marque pas comme fautive une graphie admise par l’une ou l’autre. Il s’appuie sur un dictionnaire libre (Grammalecte / Dicollecte) et sur des règles de typographie ; il repère les fautes de frappe et signale ce qui ne figure pas dans son dictionnaire, ce qui ne remplace pas la consultation du Dictionnaire de l’Académie française pour trancher un cas particulier.
Le correcteur d’orthographe et de grammaire vérifie les accords, la conjugaison et la ponctuation dans le contexte. Pour une ligne éditoriale, relisez ensuite le texte pour vérifier que vous avez choisi une seule convention. Chaque passage traite jusqu’à 6 000 caractères : découpez un long document.
Pour les espaces et les guillemets, voir les signes de ponctuation ; pour les règles générales, les règles d’orthographe.
Checklist de cohérence
- J’ai choisi une convention (traditionnelle ou rectifiée) pour tout le document.
- Je n’ai pas mélangé événement et évènement, ni week-end et weekend.
- J’ai vérifié les mots douteux dans un dictionnaire de référence.
- Pour un examen, un concours ou une publication, j’ai lu la consigne.
- J’ai relu les accords et les homophones : les rectifications n’y changent rien.
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Questions fréquentes
Les rectifications de 1990 sont-elles obligatoires ?
Non. Ce sont des recommandations : l’orthographe traditionnelle et l’orthographe rectifiée sont toutes deux admises, et aucune des deux n’est fautive. L’important est de ne pas les mélanger dans un même texte. Pour un examen, un concours ou une publication, suivez la consigne.
Peut-on encore écrire « oignon » et « événement » ?
Oui. Oignon et événement sont les graphies traditionnelles, toujours correctes et les plus répandues. Ognon et évènement sont les graphies rectifiées, également admises. Choisissez l’une des deux conventions et appliquez-la à tout le document.
Les rectifications ont-elles supprimé l’accent circonflexe ?
Non, pas partout. Il devient facultatif sur i et u dans la plupart des mots (paraitre, couter), mais reste sur a, e, o et dans les cas où il distingue deux mots (mûr, sûr, jeûne) ou marque certaines formes verbales (nous fûmes, qu’il fût).
Le correcteur d’AdeptWrite signale-t-il l’orthographe rectifiée comme une faute ?
Non. Le correcteur typographique et orthographique accepte l’orthographe traditionnelle comme l’orthographe rectifiée de 1990 et ne marque pas comme fautive une graphie admise par l’une ou l’autre. Il signale les fautes de frappe et les mots absents de son dictionnaire, sans remplacer un dictionnaire de référence.
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