Orthographe et grammaire

Homophones en français : liste, méthode de remplacement et mini-quiz

Équipe éditoriale d’AdeptWriteMis à jour 10 min de lecture

Les homophones se prononcent pareil mais s’écrivent différemment : a et à, on et ont, ces et ses. Pour les homophones grammaticaux, remplacez le mot douteux par avait, étaient ou cela : si la phrase reste juste, gardez cette forme. Les homophones lexicaux (mère, maire, mer) se distinguent par le sens, à vérifier au dictionnaire.

Homophones en français : la réponse en bref

Les homophones sont des mots qui se prononcent de la même façon mais s’écrivent différemment et n’ont pas le même sens : a et à, on et ont, ces et ses, mère, maire et mer. Pour ne plus se tromper avec les homophones grammaticaux, la méthode la plus fiable est le remplacement : on remplace le mot douteux par un mot de la même famille (avait pour a, étaient pour ont, celui-ci pour ce) et on garde la forme qui fonctionne. Si la phrase reste correcte, c’est la bonne graphie.

Cette page présente d’abord les paires les plus fréquentes dans les copies, les mails et les rapports, avec le test à appliquer pour chacune, puis des homophones lexicaux courants, un mini-quiz corrigé et une façon de vérifier un texte avec les outils AdeptWrite. L’orthographe de référence est celle du Dictionnaire de l’Académie française et du CNRTL (TLFi) ; les emplois contestés sont signalés comme tels.

Pourquoi le français est si riche en homophones

Le français écrit conserve des distinctions que l’oral a perdues : les terminaisons -ent, -es, -e ne s’entendent pas, et de nombreuses voyelles se sont confondues. Résultat : il parle, ils parlent et tu parles sonnent pareil, de même que vert, verre, ver, vers et vair. La plupart des fautes d’homophones ne viennent donc pas d’une méconnaissance du vocabulaire mais d’un automatisme : on écrit ce qu’on entend. La parade consiste à analyser la fonction du mot dans la phrase (verbe, préposition, déterminant, pronom), puis à appliquer un test de remplacement.

Les homophones grammaticaux les plus fréquents

Paire ou sérieTest de remplacementExemple correct
a / àa = verbe avoir : on peut écrire avait. à = préposition : on ne peut pas.Il a réussi son oral à la session de juin.
on / ontont = verbe avoir : on peut écrire avaient. on = pronom : on peut écrire il.On sait que les candidats ont révisé.
son / sontsont = verbe être : on peut écrire étaient. son = déterminant : on peut écrire mon.Son dossier et ses annexes sont complets.
ces / sesces = démonstratif : on peut écrire ce, cette au singulier. ses = possessif : on peut écrire son, sa.Ces livres sont à lui : ce sont ses livres.
c’est / s’estc’est : on peut écrire cela est. s’est : on peut écrire se sont au pluriel, ou s’était.C’est vrai : elle s’est trompée de salle.
ce / sese accompagne un verbe pronominal : on peut écrire me ou te (je me lave). ce précède un nom ou qui, que, dont, et peut devenir cela.Ce chapitre se lit vite.
la / là / l’alà = lieu, on peut écrire ici. l’a = le/la + a : on peut écrire l’avait. la = article ou pronom.La clé ? Je l’ai laissée là.
ou / oùou = ou bien. où = lieu ou temps, on peut écrire dans lequel, là où.Savez-vous où est la salle ou le bureau ?
et / estest = verbe être : on peut écrire était. et = et puis.Il est étudiant et salarié.
ça / saça = cela. sa = déterminant : on peut écrire ma ou sa propre.Ça dépend de sa réponse.
leur / leursPronom (devant un verbe) : leur est invariable (je leur parle, je lui parle). Déterminant : leur s’accorde avec ce qui est possédé.Ils leur ont remis leurs copies.
quel / quelle / qu’ellequ’elle : on peut écrire qu’il au masculin. quelle : on peut écrire quel au masculin.Quelle note pense-t-elle qu’elle aura ?
ni / n’yn’y : on peut écrire ne … y (il n’y a pas). ni relie deux éléments niés.Il n’y a ni retard ni absence.
ma / m’a ; ta / t’am’a, t’a : on peut écrire m’avait, t’avait.Elle m’a dit que ma copie était rendue.
mais / mes / metmais = cependant. mes = déterminant (tes). met = verbe mettre (mettait).Mes notes sont bonnes mais il met du temps à réviser.
peu / peut / peuxpeut(-être) et peux sont le verbe pouvoir : on peut écrire pouvait. peu = pas beaucoup.Il peut réussir, il travaille peu mais bien.
quand / quant / qu’enquant à = en ce qui concerne. quand = lorsque. qu’en = que + en.Quant à lui, quand il parle, il dit qu’en juin il part.

Le cas de a / à

C’est la confusion la plus fréquente en français écrit. Posez la question : puis-je mettre avait ? Il a un rendez-vous devient Il avait un rendez-vous : c’est le verbe, sans accent. Il va à Lyon ne devient pas Il va avait Lyon : c’est la préposition, avec l’accent grave. Attention aux expressions figées : à peu près, à cause de, il y a (le a est un verbe : il y avait). Sur ce couple, consultez la fiche a ou à.

Le cas de on / ont et son / sont

Deux verbes, avoir et être, cachent leur terminaison à l’oreille. Le test est identique : passer à l’imparfait (ont → avaient, sont → étaient). Si la phrase tient, on écrit le verbe, avec le t final. Pour on, le test est celui du pronom : on part → il part. Une erreur typique à l’écrit professionnel : Les clients on signé le contrat au lieu de Les clients ont signé le contrat.

Ces, ses, c’est, s’est, ce, se, ça, sa : la famille des sons [se] et [sa]

Beaucoup d’erreurs viennent de cette famille. Retenez trois tests :

  1. Mettez la phrase au singulier : ces livres → ce livre (démonstratif), ses livres → son livre (possessif).
  2. Remplacez par un autre temps ou une autre personne : il s’est trompé → ils se sont trompés, je me suis trompé : c’est le verbe pronominal.
  3. Remplacez par cela : c’est → cela est, ça → cela. Si cela ne passe pas, c’est un déterminant : sa.

Pour des fiches détaillées avec exemples, voyez ces ou ses, c’est ou s’est, ce ou se et ça ou sa.

Le cas de ou / où

Où porte un accent grave et indique un lieu (la ville où j’habite), un moment (le jour où il est parti) ou une interrogation (où vas-tu ?). Ou sans accent exprime l’alternative. Test : ou peut être remplacé par ou bien. Voyez aussi la fiche ou ou où.

Les homophones lexicaux courants

Les homophones lexicaux sont des mots pleins qui ne se distinguent que par le sens. Le contexte, ou le dictionnaire, tranche.

MotsSensExemple
mère, maire, merparent, élu d’une commune, étendue d’eauLe maire a inauguré le port au bord de la mer.
sans, cent, sang, senspréposition, nombre, liquide, direction ou significationSans un sens de l’orientation, cent mètres semblent longs.
verre, vert, vers, verrécipient, couleur, préposition ou poème, animalUn verre d’eau, un feu vert, un vers de Hugo.
compte, comte, contecalcul, titre de noblesse, récitIl tient le compte des mots et lit un conte à ses enfants.
cou, coup, coûtpartie du corps, choc, prixLe coût du projet a reçu un coup dur.
tâche, tachetravail à faire, marqueUne tâche à finir avant que la tache ne sèche.
censé, sensésupposé ; raisonnableIl est censé arriver tôt, c’est un projet sensé.
près, prêtproximité ; préparé ou empruntIl est près de la porte et prêt à partir.
plutôt, plus tôtde préférence ; plus en avanceVenez plus tôt ou plutôt demain.
quoique, quoi quebien que ; peu importe ce queQuoique fatigué, quoi que vous disiez, il reste.
davantage, d’avantageplus ; de l’avantageIl veut davantage de temps, sans d’avantage fiscal.
saut, sceau, seau, sotbond, cachet, récipient, nigaudUn seau d’eau, un saut en longueur, le sceau de l’État.

Plusieurs de ces paires ont leur fiche dans la rubrique des mots souvent confondus : par exemple plutôt ou plus tôt, quoique ou quoi que et davantage ou d’avantage.

Une méthode en quatre questions

  1. Quelle est la nature du mot ? Verbe, préposition, déterminant, pronom, adverbe ?
  2. Puis-je le remplacer ? Avait pour a, étaient pour sont, cela pour ça, ici pour là.
  3. La phrase reste-t-elle juste ? Si oui, gardez la forme du remplaçant (verbe : a, ont, est).
  4. Y a-t-il une expression figée ? À peu près, c’est-à-dire, quant à, peut-être : apprenez-les en bloc.

Pour les homophones lexicaux, la méthode est différente : cherchez le sens dans le Dictionnaire de l’Académie française ou sur le CNRTL, puis fixez le mot par une phrase-repère personnelle (le maire de ma commune).

Les erreurs d’homophones qu’on retrouve le plus souvent

  • Dans les copies et mémoires : il y a plusieurs raisons ses au lieu de ces ; ce qui c’est passé au lieu de ce qui s’est passé ; les auteurs ce sont accordés au lieu de se sont.
  • Dans les mails : Je vous remercie de votre retour, mais je n’es pas pu répondre au lieu de je n’ai pas pu ; Les documents son joints au lieu de sont joints.
  • Dans les CV et lettres de motivation : Je suis à l’écoute (à correct) mais il m’a proposé de ce joindre à l’équipe (se). Un seul homophone raté se remarque vite chez un recruteur ; voir aussi le guide sur les fautes d’orthographe fréquentes.

Mini-quiz corrigé

Choisissez la bonne graphie.

  1. Les étudiants (on / ont) rendu leur mémoire en retard.
  2. Il (a / à) rendez-vous (a / à) Lyon demain.
  3. (Ces / Ses / C’est / S’est) vrai : elle (c’est / s’est) inscrite hier.
  4. Il (ni / n’y) a aucun retard et je ne veux (ni / n’y) l’un (ni / n’y) l’autre.
  5. Savez-vous (ou / où) elle a rangé (se / ce) dossier ?
  6. (Quel / Quelle / Qu’elle) est la note (quel / quelle / qu’elle) pense obtenir ?
  7. Il est (censé / sensé) arriver (plutôt / plus tôt).

Corrigés.

  1. ont (on peut écrire avaient).
  2. Il a rendez-vous à Lyon demain (il avait rendez-vous fonctionne pour le premier ; pas pour le second, qui est la préposition).
  3. C’est vrai : elle s’est inscrite hier (cela est vrai ; elle s’était inscrite).
  4. Il n’y a aucun retard (il ne … y) et je ne veux ni l’un ni l’autre (ni … ni relie deux éléments niés).
  5. Savez-vous où elle a rangé ce dossier ? (où = lieu ; ce devant un nom).
  6. Quelle est la note qu’elle pense obtenir ? (quel au masculin → quelle au féminin ; qu’il → qu’elle).
  7. Il est censé arriver plus tôt (supposé, en avance).

Vérifier vos homophones avec AdeptWrite

  • Le correcteur d’orthographe et de grammaire examine la phrase entière, ce qui permet de signaler une confusion comme on / ont ou ces / ses dont la forme est un mot valide. Les modifications sont surlignées : vous acceptez ou refusez chacune. C’est un outil à IA : il peut se tromper sur un cas ambigu, la relecture finale reste la vôtre.
  • Le correcteur typographique et orthographique s’exécute dans votre navigateur et repère les fautes de frappe, les graphies fautives courantes et les erreurs typographiques. Il ne remplace pas le contrôle du sens pour deux mots également corrects.
  • Le dictionnaire d’orthographe permet de vérifier la graphie d’un mot isolé, utile pour les homophones lexicaux.

Chaque passage traite jusqu’à 6 000 caractères ; pour un mémoire, avancez chapitre par chapitre. Sur le même sujet, voir les guides sur la virgule et les mots de liaison, qui contiennent eux aussi des pièges de ce type (or, car, quand).

À retenir

Un homophone grammatical se résout par une substitution, un homophone lexical par le sens. Dix paires bien maîtrisées (a/à, on/ont, son/sont, ces/ses, c’est/s’est, ce/se, ou/où, et/est, ça/sa, leur/leurs) éliminent l’essentiel des fautes d’un texte courant. Relisez toujours à voix basse en pensant à la fonction de chaque petit mot : c’est là que se cachent les erreurs.

Essayer les outils

Correcteur d’orthographe et de grammaire
Corrigez l’orthographe, la grammaire, la conjugaison et la ponctuation en français et dans d’autres langues ; chaque modification est surlignée.
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Questions fréquentes

Comment ne plus confondre a et à ?

Essayez de remplacer le mot par avait. Si la phrase reste correcte (Il a un rendez-vous, Il avait un rendez-vous), écrivez a sans accent : c’est le verbe avoir. Sinon, c’est la préposition à, avec l’accent grave (Il va à Lyon). Les locutions comme à peu près ou à cause de s’apprennent en bloc.

Quelle est la différence entre on et ont ?

On est un pronom que l’on peut remplacer par il (on part, il part). Ont est le verbe avoir à la troisième personne du pluriel et se remplace par avaient (Les élèves ont fini, les élèves avaient fini). Le t final distingue donc le verbe du pronom.

Comment distinguer ces, ses, c’est et s’est ?

Passez au singulier : ces devient ce ou cette (démonstratif), ses devient son ou sa (possessif). C’est se remplace par cela est ; s’est est un verbe pronominal que l’on peut mettre au pluriel (se sont) ou à une autre personne (je me suis).

Quels sont les homophones lexicaux les plus courants ?

Parmi les plus fréquents : mère, maire et mer ; verre, vert et vers ; compte, comte et conte ; cou, coup et coût ; tâche et tache ; censé et sensé. Seul le sens les distingue : vérifiez dans le Dictionnaire de l’Académie française ou sur le CNRTL en cas de doute.

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