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Figures de style : liste, définitions et exemples classés par effet

Équipe éditoriale d’AdeptWriteMis à jour 11 min de lecture

Une figure de style est un procédé d’écriture qui s’écarte de la formulation neutre pour produire un effet : imager, insister, opposer, atténuer, rythmer ou faire sourire. Les principales sont la comparaison, la métaphore, la personnification, l’hyperbole, la litote, l’antithèse, l’oxymore, l’anaphore et la gradation. Voici leur définition, un exemple et la manière de les commenter.

Figures de style : la définition en bref

Une figure de style est une manière de dire qui s’écarte de l’expression la plus simple pour produire un effet sur le lecteur : faire voir une image, appuyer une idée, créer un contraste, adoucir un propos, donner un rythme ou une musicalité. Il est très fort est une phrase neutre ; C’est un roc ! est une figure.

Pour le bac de français comme pour un devoir de collège, retenir un nom ne suffit pas. On attend de vous trois gestes : repérer le procédé, le nommer correctement, puis expliquer son effet dans le passage. Cette page classe les figures par effet recherché, donne pour chacune une définition courte et un exemple, et se termine par un tableau de repérage, des erreurs fréquentes et une méthode de rédaction.

Les citations proviennent d’auteurs du domaine public (Corneille, La Fontaine, Molière, Hugo, Baudelaire, Verlaine, Rostand). Les exemples « du quotidien » ont été écrits pour ce guide. Pour la liste exacte des notions attendues dans votre classe, appuyez-vous sur votre manuel et sur les programmes officiels du ministère de l’Éducation nationale.

Les grandes familles de figures

FamilleIdéeFigures principales
Analogierapprocher deux réalitéscomparaison, métaphore, personnification, allégorie
Insistanceamplifier, répéterhyperbole, anaphore, gradation, accumulation, épiphore
Oppositionfaire jouer des contrairesantithèse, oxymore, paradoxe, chiasme
Atténuationdire moins pour suggérer pluslitote, euphémisme, antiphrase, ironie
Substitutionremplacer un mot par un autre liémétonymie, synecdoque, périphrase
Sonoritésjouer sur les sonsallitération, assonance
Constructionorganiser la phraseparallélisme, asyndète, zeugme, ellipse

Les figures d’analogie : faire voir une image

La comparaison

Définition. Elle rapproche un comparé et un comparant par un outil de comparaison (comme, tel, semblable à, ressembler à, pareil à, on dirait…).

Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville (Verlaine, « Il pleure dans mon cœur », Romances sans paroles, 1874)

Le comparé (la tristesse intérieure) et le comparant (la pluie) sont reliés par comme. Effet : rendre une émotion concrète et la faire partager. Voir aussi la comparaison, figure de style.

La métaphore

Définition. Elle fait le même rapprochement sans outil de comparaison. Le comparé et le comparant sont fusionnés.

Cette faucille d’or dans le champ des étoiles (Hugo, « Booz endormi », La Légende des siècles, 1859)

La lune n’est pas nommée : elle est désignée comme une faucille, et le ciel comme un champ. Effet : image dense, qui prolonge la scène de moisson du poème. Une métaphore qui se développe sur plusieurs mots ou plusieurs vers est une métaphore filée. Détails dans le guide sur la métaphore.

La personnification

Définition. Elle attribue des traits humains (actions, sentiments, parole) à une chose, un animal ou une idée.

La Nature est un temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles (Baudelaire, « Correspondances », Les Fleurs du mal, 1857)

Les piliers « laissent sortir des paroles » : la nature s’exprime. Effet : donner une présence, une intention, parfois une dimension sacrée. Quand on fait parler un absent, un mort ou une abstraction, on parle de prosopopée ; dans La Mort et le Bûcheron, La Fontaine fait parler la Mort.

L’allégorie

Définition. Elle représente une idée abstraite (la mort, la justice, la liberté) par un être ou une scène concrète, sur un développement assez long. Les fables de La Fontaine sont des allégories : dans La Cigale et la Fourmi, les deux insectes figurent l’imprévoyance et la prévoyance. Effet : rendre une idée morale lisible par une histoire.

Les figures d’insistance : amplifier et répéter

L’hyperbole

Définition. Elle exagère pour frapper l’esprit.

Et le combat cessa faute de combattants. (Corneille, Le Cid, 1637, acte IV)

Tous les combattants ont disparu : c’est excessif, et c’est voulu. Dans la vie courante : Je meurs de faim, un monde fou. Effet : mettre en valeur une victoire, une émotion, un défaut, ou faire rire.

L’anaphore

Définition. Elle répète le même mot ou la même tournure en début de phrases, de vers ou de membres de phrase.

Rome, l’unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant ! / Rome, qui t’a vu naître, et que ton cœur adore ! / Rome enfin, que je hais parce qu’elle t’honore ! (Corneille, Horace, 1640, acte IV)

Effet : faire monter la colère, marteler une obsession. À ne pas confondre avec l’épiphore, répétition en fin de phrase.

La gradation

Définition. Elle dispose des termes par intensité croissante (ou décroissante, on parle alors de gradation descendante).

Va, cours, vole, et nous venge. (Corneille, Le Cid, acte I)

Les trois verbes expriment une urgence qui s’accélère. Rostand en donne une version comique dans Cyrano de Bergerac (1897) : C’est un roc ! c’est un pic ! c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? C’est une péninsule ! Ici la gradation sert aussi l’hyperbole.

L’accumulation

Définition. Elle enchaîne des termes de même nature pour donner une impression de foisonnement : Des livres, des cahiers, des stylos, des feuilles, des classeurs : son bureau débordait. Effet : l’abondance, le désordre, la saturation. Si les termes sont simplement juxtaposés sans conjonction, on parle d’asyndète.

Les figures d’opposition : faire jouer les contraires

L’antithèse

Définition. Elle rapproche deux termes ou deux idées opposés dans une même phrase.

Selon que vous serez puissant ou misérable, / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. (La Fontaine, « Les Animaux malades de la peste », Fables, 1678)

Effet : souligner un contraste, ici l’injustice qui dépend de la condition sociale.

L’oxymore

Définition. Il associe, dans un même groupe de mots, deux termes de sens contraire.

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles (Corneille, Le Cid, acte IV)

Différence avec l’antithèse : l’oxymore tient dans un seul groupe syntaxique (nom + adjectif, par exemple), l’antithèse oppose deux éléments distincts. Autres exemples courants : un silence assourdissant, un faux ami.

Le paradoxe

Définition. Il énonce une idée qui semble contraire au bon sens ou à l’opinion, mais qui se défend à la réflexion : Plus on partage son savoir, plus on en a. Effet : obliger le lecteur à réfléchir.

Le chiasme

Définition. Il construit deux groupes en ordre inversé (schéma A B / B A).

Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. (Molière, L’Avare, 1668)

Les verbes manger et vivre se croisent. Effet : opposer deux conceptions, donner à la phrase une forme de maxime.

Les figures d’atténuation : dire moins pour suggérer plus

La litote

Définition. Elle dit peu pour faire entendre beaucoup, souvent par la négation d’un contraire.

Va, je ne te hais point. (Corneille, Le Cid, acte III)

Chimène avoue en réalité qu’elle aime Rodrigue. Dans la vie courante : Ce n’est pas mal pour C’est très bien. À ne pas confondre avec l’hyperbole, qui est son contraire.

L’euphémisme

Définition. Il adoucit une réalité pénible ou choquante : Il nous a quittés (il est mort), une personne en situation de handicap, un plan social. Effet : ménager la sensibilité, ou, dans un discours politique ou commercial, masquer.

L’antiphrase et l’ironie

L’antiphrase dit le contraire de ce que l’on pense, le contexte permettant de le comprendre : Quel beau temps ! sous une pluie battante. L’ironie est l’attitude critique qui utilise ce procédé, entre autres. Dans Candide (1759), Voltaire reprend la formule « le meilleur des mondes possibles » du docteur Pangloss alors que les personnages subissent guerre, naufrage et tremblement de terre : le décalage fait de la formule une cible.

La question rhétorique

Question posée sans attendre de réponse, parce que la réponse paraît évidente : Qui ne rêve pas de réussir ses examens ? Elle implique le lecteur. Voir la question rhétorique.

Les figures de substitution

La métonymie

Définition. Elle désigne une chose par un autre terme lié par un rapport logique : le contenant pour le contenu (boire un verre), l’auteur pour l’œuvre (lire du Hugo), le lieu pour l’institution (l’Élysée a annoncé).

La synecdoque

Définition. C’est une métonymie fondée sur un rapport de partie à tout (ou l’inverse) : une voile à l’horizon pour un bateau, les mortels pour les hommes, la France a gagné pour l’équipe de France.

La périphrase

Définition. Elle remplace un mot par une expression plus longue : la Ville lumière pour Paris, l’Hexagone pour la France, le roi des animaux pour le lion. Effet : variété, solennité, sous-entendu.

Les figures de sonorité

L’allitération et l’assonance

L’allitération répète un son consonne, l’assonance un son voyelle.

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? (Racine, Andromaque, 1667, acte V)

Les sons [s] imitent le sifflement : c’est une allitération (ici aussi une harmonie imitative). L’assonance se repère dans le début de « Chanson d’automne » de Verlaine : Les sanglots longs / Des violons / De l’automne (Poèmes saturniens, 1866), avec les voyelles nasales et en [o]. Voir l’allitération et l’assonance.

Les figures de construction

  • Le parallélisme répète une même structure syntaxique : Plus je lis, plus je comprends ; plus je comprends, plus j’écris.
  • L’asyndète supprime les mots de liaison : Il entra, regarda, sourit.
  • Le zeugme associe deux compléments de nature différente (abstrait et concret) à un seul verbe ou participe. Hugo : Vêtu de probité candide et de lin blanc (« Booz endormi »).
  • L’ellipse supprime des mots que le contexte suffit à restituer : Moi, le théâtre ; toi, le cinéma.
  • Le pléonasme répète une idée par redondance : monter en haut, sauf quand il est voulu pour insister (je l’ai vu de mes yeux vu).

Tableau de repérage pour le bac de français

Vous voyez…Pensez à…Piège à éviter
comme, tel, pareil àcomparaisonsans outil, c’est une métaphore
deux réalités fusionnées, sans « comme »métaphorevérifier qu’il n’y a pas de mot de comparaison caché
un objet ou une idée qui agit, parle, ressentpersonnificationun animal qui parle dans une fable : prosopopée ou personnification selon le cas
un mot ou une tournure répétés en début de versanaphorela répétition en fin de vers est une épiphore
termes de plus en plus fortsgradationsimple accumulation si l’intensité n’augmente pas
deux mots contraires dans un même groupeoxymoredeux éléments séparés : antithèse
« ne… point », « pas mal » pour dire beaucouplitotel’hyperbole est le mouvement inverse
le contenant pour le contenu, l’auteur pour l’œuvremétonymieune partie pour le tout : synecdoque
un même son qui revientallitération (consonne), assonance (voyelle)citer les sons, pas seulement les lettres

Comment commenter une figure de style à l’écrit

Une figure repérée sans commentaire ne rapporte rien. La méthode la plus sûre tient en trois temps.

  1. Citer le passage exact entre guillemets, avec la ponctuation.
  2. Nommer la figure et la justifier par un indice précis : « l’absence d’outil de comparaison fait de ce rapprochement une métaphore ».
  3. Interpréter : que produit-elle dans ce texte précis ? Elle exprime une émotion, appuie un argument, fait sourire, installe une atmosphère.

Avant : « Il y a une métaphore dans le vers 2. »

Après : « Au vers 2, Hugo désigne la lune par la métaphore “cette faucille d’or”. L’absence de “comme” fusionne l’astre et l’outil, et prolonge l’univers agricole du poème : la nuit devient un champ où l’on moissonne, ce qui renforce le calme et la simplicité de la scène. »

La seconde version suit un enchaînement simple : indice, nom de la figure, effet. C’est la forme que les correcteurs attendent dans un commentaire ou une explication linéaire, sans qu’aucune longueur ne soit imposée.

Les erreurs les plus fréquentes

  1. Confondre comparaison et métaphore. Dès qu’il y a un outil de comparaison, c’est une comparaison, même si l’image est forte.
  2. Dire « l’auteur utilise une figure de style » sans la nommer ni expliquer son effet.
  3. Citer une figure absente. Une répétition de mots n’est pas toujours une anaphore : elle doit être en tête de segments.
  4. Confondre antithèse et oxymore. Un seul groupe de mots : oxymore. Deux éléments séparés : antithèse.
  5. Confondre litote et euphémisme. La litote affaiblit les mots pour dire plus fort (Va, je ne te hais point) ; l’euphémisme adoucit une réalité désagréable (Il nous a quittés).
  6. Empiler les noms de figures pour impressionner. Mieux vaut trois figures bien commentées que huit simplement listées.
  7. Oublier le rôle du lecteur. Une figure n’est pas décorative : elle sert le sens, le ton ou l’argumentation.

Petit entraînement

Repérez la figure principale de chaque phrase.

  1. Cet enfant est un vrai soleil.
  2. Je ne suis pas mécontent de ton travail.
  3. Paris s’est endormi sous la neige.
  4. Il faut que je meure pour que tu vives et que tu vives pour que je meure. (variation inventée sur le chiasme)
  5. Un silence assourdissant remplissait la salle.

Corrigés. 1. métaphore ; 2. litote ; 3. personnification (la ville s’endort) ou métonymie si l’on pense à ses habitants ; 4. chiasme ; 5. oxymore.

Utiliser AdeptWrite pour travailler vos figures de style

AdeptWrite ne repère pas les figures de style à votre place et ne note pas un commentaire : ces analyses se font avec votre texte et votre cours. Quelques outils aident à écrire et relire vos devoirs.

  • Le correcteur d’orthographe et de grammaire relit votre commentaire et surligne chaque modification proposée ; vous acceptez ou refusez chacune. Il corrige l’orthographe, les accords et la ponctuation, pas la pertinence de votre analyse.
  • Le test de lisibilité donne un indice de facilité de lecture avec la formule de Kandel et Moles, adaptée au français : un repère pour repérer des phrases trop lourdes, non un jugement littéraire.
  • Le compteur de mots vérifie la longueur d’un paragraphe ou d’une réponse.
  • Le générateur de poème peut servir à tester une consigne d’écriture créative, par exemple demander un poème qui contienne une métaphore filée, que vous réécrirez ensuite avec vos mots.

Chaque passage traite jusqu’à 6 000 caractères ; au-delà, découpez par parties. Pour les procédés plus généraux, voir les procédés littéraires et, pour les formes en vers, les formes poétiques.

Fiche mémo à garder

  • Une figure = un procédé + un effet.
  • Avec « comme » : comparaison. Sans « comme » : métaphore.
  • En début de vers, répétition : anaphore. En fin : épiphore.
  • Dire moins pour suggérer plus : litote. Dire plus pour frapper : hyperbole.
  • Deux contraires dans un seul groupe : oxymore. Dans deux éléments séparés : antithèse.
  • Dans la copie, toujours : citation, nom, effet.

Essayer les outils

Correcteur d’orthographe et de grammaire
Corrigez l’orthographe, la grammaire, la conjugaison et la ponctuation en français et dans d’autres langues ; chaque modification est surlignée.
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Test de lisibilité
Mesurez la facilité de lecture de votre texte avec la formule de Kandel et Moles, adaptée au français.
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Compteur de mots et de caractères
Comptez les mots, les caractères, les phrases et le temps de lecture.
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Générateur de poème
Un poème en vers libres, rimé, acrostiche ou haïku, à partir de votre thème et de vos mots.
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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre comparaison et métaphore ?

La comparaison rapproche deux éléments à l’aide d’un outil (comme, tel, semblable à), alors que la métaphore les fusionne sans outil. « Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville » est une comparaison ; « cette faucille d’or dans le champ des étoiles » est une métaphore.

Combien de figures de style faut-il connaître pour le bac de français ?

Il n’existe pas de nombre officiel. L’essentiel est de maîtriser une quinzaine de figures courantes (comparaison, métaphore, personnification, hyperbole, litote, antithèse, oxymore, anaphore, gradation, métonymie, allitération) et surtout de savoir expliquer leur effet dans le texte étudié. Vérifiez les notions de votre année dans le programme officiel.

Quelle est la différence entre antithèse et oxymore ?

L’antithèse oppose deux termes ou deux idées contraires dans une même phrase, mais dans des éléments distincts : « blanc ou noir ». L’oxymore réunit deux termes contraires dans un même groupe de mots : « cette obscure clarté ». Un seul groupe syntaxique, c’est un oxymore.

Comment commenter une figure de style dans une copie ?

Procédez en trois temps : citez le passage exact, nommez la figure en la justifiant par un indice précis (absence d’outil de comparaison, répétition en début de vers), puis expliquez l’effet produit dans le texte : émotion, insistance, humour, atmosphère. Évitez de simplement lister les figures repérées.

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