Études et méthodologie

Mots de liaison et connecteurs logiques : liste par fonction, ponctuation et exemples

Équipe éditoriale d’AdeptWriteMis à jour 11 min de lecture

Un mot de liaison relie deux idées en précisant leur rapport : addition (de plus), opposition (cependant), cause (car), conséquence (donc), concession (certes). Choisissez-le d’après la logique réelle, ponctuez-le selon sa place (virgule après un adverbe en tête de phrase) et variez les formules pour éviter les répétitions de copie.

Mots de liaison en français : la réponse en bref

Un mot de liaison (ou connecteur logique) relie deux idées, deux phrases ou deux paragraphes en précisant le rapport qui les unit : addition (de plus), opposition (cependant), cause (car), conséquence (donc), concession (certes), illustration (par exemple) ou conclusion (en définitive). On choisit le connecteur d’après le rapport logique réel, pas d’après l’effet recherché : un mauvais connecteur affirme un lien qui n’existe pas, ce que les correcteurs sanctionnent plus sévèrement qu’un connecteur manquant.

Cette page classe les connecteurs par fonction, indique pour chacun la ponctuation et le mode du verbe qui suivent, montre quels connecteurs sont surutilisés dans les copies et par quoi les remplacer, puis réécrit un paragraphe avant et après. Les règles de ponctuation suivent l’usage des grammaires de référence ; en cas de doute, l’Académie française, le CNRTL et la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française sont les sources à consulter.

Connecteurs logiques et mots de liaison : quelle différence ?

Dans l’usage scolaire, les deux expressions désignent la même famille de mots. Grammaticalement, on distingue :

  • les conjonctions de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) qui relient des éléments de même niveau ;
  • les conjonctions de subordination (parce que, bien que, afin que, si, lorsque) qui introduisent une subordonnée ;
  • les adverbes et locutions adverbiales (cependant, en effet, ainsi, par ailleurs, en revanche) qui articulent deux phrases ou deux paragraphes ;
  • les prépositions et locutions (grâce à, malgré, en raison de, à cause de) suivies d’un nom.

Cette distinction a des conséquences pratiques : une conjonction de subordination impose un mode (indicatif ou subjonctif) et ne se place pas en tête de phrase seule ; un adverbe, lui, se déplace et s’entoure de virgules.

Liste des connecteurs classés par fonction

Ajouter une idée (addition)

ConnecteurEmploiExemple
de plus, en outre, par ailleursajoute un argument de même sensLe télétravail réduit les trajets ; de plus, il améliore la concentration.
également, aussisimple ajout, registre courantLe texte est également disponible en ligne.
non seulement … mais encoreajout renforcéNon seulement le plan est clair, mais encore les exemples sont variés.
d’une part … d’autre partprésente deux aspects en parallèleD’une part, le budget est limité ; d’autre part, les délais sont courts.
ensuite, puis, enfinajout ordonnéDéfinissez le sujet, puis posez la problématique.

S’opposer ou nuancer (opposition)

ConnecteurEmploiExemple
maisopposition simple, sans virgule aprèsLe sujet est vaste mais la consigne est précise.
cependant, toutefois, pourtantopposition en tête de phrase ou après le sujetL’étude est sérieuse ; cependant, son échantillon reste réduit.
en revanche, par contrecontraste entre deux faitsLes résultats sont bons en français ; en revanche, ils baissent en langues.
alors que, tandis queopposition au sein d’une phrase, indicatifPaul rédige vite alors que Léa relit longuement.
orintroduit un fait qui contredit ce qui précèdeOn croyait le dossier complet. Or, deux pièces manquaient.

Expliquer (cause)

ConnecteurEmploiExemple
carcause, conjonction de coordination, virgule avantIl a reporté l’oral, car il était malade.
parce que, puisque, commecause avec l’indicatifPuisque le délai est court, nous commençons demain.
en effetexplique ou confirme la phrase précédenteLe taux d’abandon a baissé. En effet, le tutorat a été renforcé.
grâce à, en raison de, à cause decause + nomEn raison de la grève, le cours est annulé.

En tirer une conséquence

ConnecteurEmploiExemple
donc, c’est pourquoi, par conséquentconséquence directeLe jury était complet ; par conséquent, l’épreuve a débuté.
ainsi, de ce fait, dès lorsconséquence dans un raisonnementDès lors, la question devient : que faire ?
si bien que, de sorte queconséquence dans la phrase (indicatif)Il a bien préparé son dossier si bien qu’il a convaincu.
de sorte que + subjonctifbut, non conséquenceÉcrivez de sorte que tout lecteur comprenne.

Concéder puis réfuter (concession)

ConnecteurEmploiExemple
certes … maisconcède un point avant de le dépasserCertes, le plan est rigoureux, mais l’introduction manque de souffle.
bien que, quoique, même siconcession ; bien que et quoique + subjonctif, même si + indicatifBien qu’il soit jeune, il rédige avec soin.
malgré, en dépit deconcession + nomMalgré ses efforts, il a échoué.

Illustrer, reformuler, conclure

FonctionConnecteursExemple
Exemplepar exemple, ainsi, notamment, en particulierPlusieurs outils existent, notamment les dictionnaires en ligne.
Reformulationc’est-à-dire, autrement dit, en d’autres termesLe texte est dense, c’est-à-dire que chaque phrase compte.
Ordred’abord, dans un premier temps, ensuite, enfinD’abord, définissez le sujet ; ensuite, listez les arguments.
Conclusionen conclusion, en définitive, pour conclure, somme touteEn définitive, la méthode prime sur la quantité.

Ponctuation autour des connecteurs

Les règles les plus utiles, résumées :

  1. Un adverbe de liaison en tête de phrase est suivi d’une virgule : Cependant, les résultats varient. En effet, la question est complexe.
  2. Placé à l’intérieur de la phrase, il est encadré de deux virgules : Les résultats, cependant, varient.
  3. Mais n’est pas suivi d’une virgule : Il a travaillé, mais il a échoué. La virgule précède mais entre deux propositions.
  4. Car est précédé d’une virgule : Il reste, car il pleut. Donc peut se placer après le verbe, sans virgule ou avec deux virgules : Il est donc parti ou Il est, donc, parti (plus rare).
  5. Or est souvent suivi d’une virgule en tête de phrase, usage admis : Or, le dossier était incomplet.
  6. Le point-virgule relie deux propositions liées avant un connecteur : Le plan est clair ; en revanche, la conclusion est brève.
  7. Parce que, puisque, lorsque : pas de virgule devant dans le cas courant. Une subordonnée placée avant la principale est suivie d’une virgule : Puisque le délai est court, nous commençons demain.

Pour le détail des cas, voir le guide sur les règles de la virgule et celui des signes de ponctuation.

Modes à retenir

ConnecteurMode
parce que, puisque, alors que, tandis que, si bien queindicatif
bien que, quoique, pour que, afin que, avant que, à moins que, à condition quesubjonctif
même si, siindicatif (jamais de futur ni de conditionnel après si hypothétique)
de sorte queindicatif (conséquence) ou subjonctif (but)
après queindicatif (le subjonctif s’est répandu à l’oral ; l’indicatif est la norme écrite)

Malgré que + subjonctif est critiqué par de nombreux grammairiens ; en écrit soigné, préférez bien que. De même, par contre est jugé familier par certains manuels : en revanche est le choix sûr dans une copie ou un rapport.

Connecteurs surutilisés dans les copies et alternatives

Les connecteurs ne sont pas des ornements. Quand une même formule revient à chaque paragraphe, le texte paraît mécanique. Voici les cas les plus fréquents et des remplaçants qui gardent le même rapport logique.

SurutiliséProblèmeAlternatives (même sens)
De plusrépété à chaque ajouten outre, par ailleurs, il faut aussi noter que, ou simple enchaînement sans connecteur
En effetemployé comme remplissageautrement dit (reformulation), c’est que (explication), ou supprimer
Mais en début de chaque phraserythme heurtécependant, toutefois, pourtant, en revanche
Doncraisonnement trop mécaniquepar conséquent, c’est pourquoi, dès lors
Dans un premier temps / Dans un second tempsstructure scolaire répétéed’abord / ensuite, ou annoncer le plan en une phrase
En conclusionannonce sans conclureen définitive, au terme de cette analyse
Premièrement, deuxièmementliste forcéed’une part / d’autre part, ou numéroter avec une liste
Par contreregistre familieren revanche, au contraire

La règle de base : n’ajoutez un connecteur que s’il apporte un rapport logique. Si deux phrases se suivent naturellement, la juxtaposition suffit. Un paragraphe de cinq phrases n’a pas besoin de cinq connecteurs.

Avant et après : un paragraphe réécrit

Avant (surcharge de connecteurs, rapports faux) :

Premièrement, le télétravail est utile. De plus, il réduit les trajets. De plus, il augmente la concentration. En effet, certains salariés sont plus isolés. Donc il faut un équilibre. En conclusion, le télétravail est bien.

Après (rapports logiques exacts, connecteurs variés) :

Le télétravail présente des avantages concrets : il supprime les trajets et favorise la concentration. Il a toutefois un coût, car certains salariés se sentent isolés ; c’est pourquoi de nombreuses entreprises prévoient quelques jours de présence par semaine. En définitive, l’intérêt du dispositif dépend de l’équilibre trouvé entre autonomie et vie d’équipe.

Dans la version corrigée, toutefois marque une vraie opposition, car explique la cause, c’est pourquoi annonce une conséquence réelle, et en définitive ouvre une conclusion qui conclut. Dans la version initiale, en effet introduisait une idée contraire à la précédente, ce qui est un contresens logique.

Connecteurs dans la dissertation et le commentaire

En dissertation, les connecteurs structurent l’argumentation à trois niveaux :

  • Dans le paragraphe : un argument, un exemple, une analyse. D’abord, par exemple, ainsi.
  • Entre les paragraphes : un connecteur rappelle le lien avec ce qui précède. Par ailleurs, il faut cependant nuancer.
  • Entre les parties : une phrase de transition (plutôt qu’un connecteur isolé) résume la partie finie et annonce la suivante : Si le télétravail améliore l’organisation individuelle, il reste à examiner ses effets sur la cohésion des équipes.

Dans les épreuves de français (dissertation, commentaire de texte, épreuve écrite des concours), les correcteurs attendent des enchaînements argumentatifs clairs plutôt qu’une liste de formules. Pour construire le début et la fin de votre texte, voyez les guides faire une introduction, faire une conclusion et trouver une problématique.

Connecteurs dans les écrits professionnels

Dans un mail, un rapport ou une note, le style est plus direct : Par ailleurs, en outre, c’est pourquoi, en revanche suffisent. Évitez les connecteurs lourds (eu égard à, nonobstant) si votre lecteur n’en a pas l’habitude. Dans un mail, préférez des phrases courtes avec un connecteur par idée : Le devis est validé. Nous pouvons donc commencer lundi. Voir écrire un mail professionnel.

Cinq erreurs fréquentes

  1. Connecteur sans rapport logique. ✗ Il pleut ; en effet, nous restons. → ✓ Il pleut ; nous restons donc.
  2. Mauvais mode. ✗ Bien qu’il a travaillé… → ✓ Bien qu’il ait travaillé…
  3. Virgule oubliée ou ajoutée à tort. ✗ Cependant les résultats varient. → ✓ Cependant, les résultats varient.
  4. Doublon de connecteurs. ✗ Mais cependant…, car en effet… → ✓ un seul des deux.
  5. « Suite à » à la place d’une cause. Suite à indique une succession dans le temps ; pour une cause, utilisez à la suite de ou en raison de.

Mini-exercice corrigé

Complétez avec le connecteur qui convient : puisque, bien que, en revanche, c’est pourquoi, par exemple.

  1. ___ le sujet soit difficile, la plupart des candidats l’ont traité.
  2. Le dossier est complet ; ___, il manque la signature.
  3. ___ vous avez terminé, vous pouvez rendre la copie.
  4. Plusieurs sources existent, ___ le Dictionnaire de l’Académie française.
  5. Le délai est court ; ___ il faut commencer dès aujourd’hui.

Corrigés. 1. Bien que (concession, subjonctif soit). 2. En revanche (opposition). 3. Puisque (cause connue de tous). 4. Par exemple (illustration). 5. C’est pourquoi (conséquence).

Travailler vos connecteurs avec AdeptWrite

Chaque passage traite jusqu’à 6 000 caractères. Un outil ne choisit pas à votre place le rapport logique entre vos idées : c’est la partie de l’écriture qui reste la vôtre.

À retenir

Un bon connecteur nomme un rapport vrai entre deux idées. Choisissez-le par sa fonction, variez-le sans changer le sens, ponctuez-le selon sa place, et supprimez-le quand l’enchaînement va de soi. Relisez en demandant, pour chaque connecteur : quel rapport logique exprime-t-il, et le texte le justifie-t-il vraiment ?

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Questions fréquentes

Quels sont les principaux mots de liaison en français ?

Ils se classent par fonction : de plus et en outre (addition), cependant et en revanche (opposition), car et parce que (cause), donc et par conséquent (conséquence), certes et bien que (concession), par exemple (illustration) et en définitive (conclusion). Le bon choix dépend du rapport logique entre vos idées.

Met-on une virgule après un mot de liaison ?

Oui pour les adverbes et locutions en tête de phrase : Cependant, En effet, Par ailleurs, En revanche. En revanche, mais n’est pas suivi d’une virgule, et car se place après une virgule. Au milieu d’une phrase, l’adverbe de liaison est encadré de deux virgules.

Faut-il utiliser le subjonctif après bien que ?

Oui, bien que et quoique sont suivis du subjonctif : Bien qu’il soit fatigué, il continue. Même si, en revanche, se construit avec l’indicatif. Parce que, puisque et alors que prennent aussi l’indicatif, tandis que afin que et pour que veulent le subjonctif.

Combien de connecteurs mettre dans un paragraphe ?

Il n’existe pas de nombre fixe. Un connecteur n’est utile que s’il exprime un rapport logique qui n’est pas évident. Deux ou trois bien choisis suffisent souvent pour un paragraphe ; si des phrases s’enchaînent naturellement, la juxtaposition est plus élégante qu’une formule répétée.

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